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La nouvelle orthographe

La nouvelle orthographeBientôt vingt ans que l’Académie française et les instances francophones compétentes (notamment belges et  québécoises), ont approuvé la réforme orthographique.

Une réforme en cours d’assimilation

Les rectifications proposées par le Conseil supérieur de la langue française datent déjà de 1990. Elles tendent à supprimer des anomalies de l’orthographe française, des exceptions ou des irrégularités. Ainsi, les rectifications ne concernent ni les noms propres ni leurs dérivés. Elles touchent en moyenne moins d’un mot par page d’un livre ordinaire et, souvent, il s’agit d’un accent.

Échec ou réussite ? Si on ne rencontre guère cout ni portemonnaie, l’écriture d’évènement, d’aigüe et de weekend gagne du terrain.

Pour faire le point sur cette réforme, Internet est un bon outil d’évaluation. Les textes sur la toile sont en général postérieurs à 1990 et leurs sources assez variées pour rendre compte de l’état actuel de la pratique orthographique.

Grâce à Google, on a tenté d’observer si la nouvelle orthographe supplantait l’ancienne :

  • Lorsqu’on tape dans le barre de recherche pingpong, conformément aux nouvelles règles, Google nous suggère d’employer l’ancienne orthographe !
  • Au contraire, si l’on écrit extra-terrestre, le moteur de recherche nous invite à essayer l’écriture extraterrestre, en accord avec les recommandations de l’Académie française.

Sans doute est-il encore trop tôt pour juger du succès ou non de la nouvelle orthographe.

pingpong

Son adoption varie beaucoup d’un mot à l’autre. On constate que plus un vocable est employé, plus il évolue rapidement vers la nouvelle orthographe. L’ancienneté de cette évolution joue aussi un rôle dans l’intégration de la nouvelle orthographe. En effet, sur les deux-mille mots sujets à cette réforme, près d’un tiers avaient déjà en 1990 une forme dite nouvelle dans un ou plusieurs dictionnaires d’usage courant.

Qu’on soit pour ou contre, la modification des pratiques en matière d’orthographe est inéluctable. Déjà, les éditions récentes des dictionnaires enregistrent une très large proportion des formes rectifiées. Les outils informatiques, en particulier les vérificateurs d’orthographe, sont également mis à jour.

L’histoire de la langue française  est jalonnée de rectifications orthographiques. En 1740, par exemple, dans la troisième édition de son Dictionnaire, l’Académie française a modifié la graphie d’un mot sur quatre. Un siècle plus tard, en 1835 (6e édition), elle a réintroduit le t dans les pluriels enfans, contenset d’autres ; ai a remplacé oi dans j’avois, il étoit, qui sont devenus j’avais, il était.

Résumé des principales nouvelles règles

Les graphies anciennes restent admises. Il s’agit d’une orthographe recommandée et non obligatoire.

1. Les numéraux composés sont systématiquement reliés par des traits d’union.
Ex. : vingt-et-un, deux-cents, trois-millième

2. Dans les noms composés du type pèse-lettre (verbe + nom) ou sans-abri (préposition + nom), le second élément prend la marque du pluriel lorsque le mot est au pluriel.
Ex. : un compte-goutte, des compte-gouttes ; un après-midi, des après-midis

3. On emploie l’accent grave (plutôt que l’accent aigu) dans un certain nombre de mots (pour régulariser leur orthographe) et au futur et au conditionnel des verbes qui se conjuguent sur le modèle de céder.
Ex. : évènement, crèmerie, je cèderai, ils suggèreraient

4. L’accent circonflexe disparait sur i et u. On le maintient néanmoins dans les terminaisons verbales du passé simple, du subjonctif, et dans quelques cas d’ambigüité.
Ex. : cout ; entrainer, nous entrainons ; paraitre, il parait

5. Les verbes en -eler ou -eter se conjuguent comme peler ou acheter. Les dérivés en -ment suivent les verbes correspondants. Font exception à cette règle appeler, jeter et leurs composés (y compris interpeler).
Ex. : j’amoncèle, amoncèlement, tu époussèteras

6. Le pluriel des mots empruntés. Les mots empruntés forment leur pluriel de la même manière que les mots français et sont accentués conformément aux règles qui s’appliquent aux mots français.
Ex. : des matchs, des miss, révolver

7. L’abandon du tiret. La soudure s’impose dans un certain nombre de mots, en particulier dans les mots composés de contr(e)- et entr(e)-, dans les onomatopées et dans les mots d’origine étrangère, et dans les mots composés avec des éléments « savants ».
Ex. : contrappel, entretemps, tictac, weekend, agroalimentaire, portemonnaie

8. Les noms en -olle et les verbes en -otter. Les mots anciennement en -olle et les verbes anciennement en -otter s’écrivent avec une consonne simple. Les dérivés du verbe ont aussi une consonne simple. Font exception à cette règle colle, folle, molle et les mots de la même famille qu’un nom en -otte (comme botter, de botte).
Ex. : corole ; frisoter, frisotis

9. Le tréma est déplacé sur la lettre u prononcée dans les suites -güe- et -güi- et est ajouté dans quelques mots.
Ex. : aigüe, ambigüe ; ambigüité ; argüer

10. Certaines anomalies sont supprimées et quelques familles sont réaccordées.
Ex. : assoir, bonhommie (comme bonhomme), imbécilité (comme imbécile), persiffler (comme siffler)

Téléchargez le Guide des nouvelles règles orthographiques issu du site officiel de la nouvelle orthographe .

Sur le site institutionnel canadien CCDMD, ne ratez pas le très réussi Musée de la nouvelle orthographe dont la visite interactive permet un tour d’horizon des nouvelles règles.

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