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Blanche-Neige Partie I

Franz Jüttner, 1905

Franz Jüttner, 1905

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Il était une fois, en plein hiver, quand les flocons descendaient du ciel comme des plumes et du duvet, une reine qui était assise et cousait devant une fenêtre qui avait un encadrement en bois d’ébène, noir et profond. Et tandis qu’elle cousait négligemment tout en regardant la belle neige au-dehors, la reine se piqua le doigt avec son aiguille et trois petites gouttes de sang tombèrent sur la neige. C’était si beau, ce rouge sur la neige, qu’en le voyant, la reine songea :

- Oh! si je pouvais avoir un enfant aussi blanc que la neige, aussi vermeil que le sang et aussi noir de cheveux que l’ébène de cette fenêtre !

Bientôt après, elle eut une petite fille qui était blanche comme la neige, vermeille comme le sang et noire de cheveux comme le bois d’ébène, et Blanche-Neige fut son nom à cause de cela. Mais la reine mourut en la mettant au monde.

Au bout d’un an, le roi prit une autre femme qui était très belle, mais si fière et si orgueilleuse de sa beauté qu’elle ne pouvait supporter qu’une autre la surpassât. Elle possédait un miroir magique avec lequel elle parlait quand elle allait s’y contempler :

- Miroir, gentil miroir, dis-moi, dans le royaume qui est la femme la plus belle ?

Et le miroir lui répondait :

- Vous êtes la plus belle du pays, Madame.

Alors la reine était contente, car elle savait que le miroir disait la vérité. Blanche-Neige cependant grandissait peu à peu et devenait toujours plus belle. Quand elle eut sept ans, elle était belle comme le jour et bien plus belle que la reine elle même. Et quand la reine, un jour, questionna son miroir :

- Miroir, gentil miroir, dis moi, dans le royaume, quelle est de toutes la plus belle ?

Le miroir répondit:

- Dame la reine, ici vous êtes la plus belle, mais Blanche-Neige l’est mille fois plus que vous.

La reine sursauta et devint jaune, puis verte de jalousie. À partir de ce moment là, elle ne pouvait plus voir Blanche-Neige sans que le cœur lui chavirât dans la poitrine tant elle la haïssait. La haine poussa dans son cœur, avec la jalousie, comme pousse la mauvaise herbe, ne lui laissant aucun repos ni de jour, ni de nuit.

Franz Jüttner, 1905

Franz Jüttner, 1905

Un jour, elle appela un chasseur et lui dit:

- Tu vas prendre l’enfant et l’emmener au loin dans la forêt. Je ne veux plus la voir devant mes yeux. Tu la tueras et tu me rapporteras son foie et ses poumons en témoignage.

Le chasseur obéit et emmena l’enfant. Mais quand il tira son couteau de chasse pour plonger dans le cœur innocent de Blanche-Neige, elle se mit à pleurer et lui dit :

- Oh ! Laisse-moi la vie sauve, mon bon chasseur ! Je m’enfuirai à travers bois et ne reparaîtrai jamais !

Elle était si,belle que le chasseur s’apitoya et lui dit :

- Sauve toi ma pauvre petite !

Il était certain, au dedans de lui-même, que les bêtes sauvages auraient tôt fait de la dévorer . Mais il n’en avait pas moins le cœur soulagé d’un gros poids en évitant ainsi de la tuer de sa main. Comme un marcassin passait par là, il l’abattit et le dépouilla rapportant son foie et ses poumons à la reine, en guise de preuve. Il fallut que le cuisinier les mît au sel et les fît cuire, après quoi la mauvaise femme les mangea, en croyant se repaître du foie et des poumons de Blanche-Neige.

Dans la vaste forêt, la malheureuse fillette était désespérément seule et tellement apeurée qu’elle regardait, pour ainsi dire, derrière chaque feuille sur les arbres, ne sachant que faire ni que devenir. Elle commença à courir, s’écorchant aux épines et sur les pierres pointues, voyant sauter devant elle les bêtes sauvages qui venaient la frôler, mais qui ne lui faisaient pas de mal. Tant que ses petits pieds voulurent bien la porter, elle courut ainsi droit devant, et quand tomba la nuit, n’en pouvant plus, elle eut la chance de voir une toute petite maison où elle entra pour se reposer. Tout était petit dans cette maison en miniature, mais si propre et si charmant que c’est impossible de le dire. Il y avait une petite table qui était déjà mise, avec sa nappe blanche et sept petites assiettes ayant chacune son couvert : le petit couteau, la petite cuiller, la petite fourchette et le petit gobelet. Sept petits lits s’alignaient côte à côte le long du mur, bien faits, et tous avec de beaux draps blancs et frais. Blanche-Neige avait si grand-faim et si terriblement soif qu’elle prit et mangea un petit peu dans chaque petite assiette, puis but une gorgée de vin dans chaque petit gobelet; à chaque place aussi, elle avait pris une bouchée de pain. Après, comme elle était si fatiguée, elle voulut se coucher, mais aucun des petits lits n’était à sa taille. Celui-ci était trop long, celui-là trop court, un autre trop étroit. Elle les essaya tous et le septième enfin lui alla parfaitement. Elle y resta couchée, fit sa prière et s’endormit.

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blanche-neige-contes-de-grimmRetrouvez Blanche-Neige mais aussi les contes Les Musiciens de Brême, Tom Pouce, Le Roitelet, racontés par Zabou Breitman et François Cluzet dans le CD audio Blanche-Neige, contes de Grimm.

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